Au F.E.C.

Le mardi 13 janvier, un premier groupe d’Amis de la cathédrale a eu le plaisir de suivre deux historiens, MM. Fleck et Stahl, dans leurs explications et visites de l’exposition du F.E.C. et des lieux. Située dans la grande salle Léon XIII, bellement restaurée et au plafond richement décoré, la présentation a débuté par l’historique du F.E.C. et s’est poursuivie par le commentaire de panneaux illustrés et explicatifs. N’en présentons que quelques points.

On sait que jusqu’en 1598, une chapelle de la Sainte-Croix était intégrée à l’hôtel particulier, avant de tomber en ruines et de disparaître sans laisser jusqu’à aujourd’hui de trace autre que sur le plan Morant. La famille Böcklin von Böcklinshausen, également possessionnée outre Rhin en divers lieux, a vendu son château de Rust encore visible de nos jours et avec le produit de la vente a acquis l’actuel F.E.C. (Foyer de l’étudiant catholique). Un dessin montre sa façade perdue de fenêtres et ses deux oriels dont la toiture pointue a été remplacée par des balcons. Comme des traces de peintures avaient été trouvées sur cette façade, on a jugé bon de l’orner de divers motifs peints que révèle une photo. Motifs que l’on sait aujourd’hui faussement attribués à Leo Schnugg.

Après la montée de quelques marches sur le bel escalier à vis qui laisse une impression de grâce aérienne et de légèreté,  on arrive à la chapelle, très intime du lieu. Rehaussée d’un autel contenant des reliques, elle est dotée d’un long et beau vitrail de Tristan Ruhlmann centrée sur la Cène avec des épis de blé d’un jaune doré et des grappes de raisin, symboles du pain et du vin du dernier repas pris en commun par le Christ et ses disciples. On y perçoit la présence de la jeunesse estudiantine à une batterie qui remplace l’orgue traditionnel.

Mais le F.E.C. est surtout connu pour sa vie intellectuelle, animée avec feu et flamme par frère Médard de longues décennies durant, avec une brutale interruption sous le régime nazi où l’édifice fut réquisitionné. Il y initia conférences de haut niveau, édita la revue Elan (qui existe toujours), organisa des voyages et chaque année un ou plusieurs séjours à Steige où il avait fait construire un ensemble de maisons qui accueillaient tant des étudiants que des personnalités politiques dont la notoriété dépassait de loin le cadre régional. Figure haute en couleurs et à la personnalité trempée qui ne lui attira pas que des sympathies…

Les deux historiens ont su se passer le relai avec l’art des acteurs à l’aise sur scène, laquelle a trouvé son prolongement dans un moment convivial où des étudiants assuraient le service. Esprit F.E.C. oblige…

Francis Klakocer
Ill. : Roland Moeglin

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