Le mercredi 11 février, les Amis de la cathédrale et la fondation de l’Œuvre Notre-Dame ont donné leur désormais traditionnelle conférence annuelle en allemand, avec Michael Burger comme conférencier. Ce dernier a su adapter son niveau linguistique à un public plus nombreux qu’attendu pour cette soirée consacrée à la narratologie des vitraux du bas-côté sud de notre cathédrale.

On sait que, réalisés dans les années 1330 et 1340, les cinq vitraux qui ornent le bas-côté sud présentent un cycle pictural complet, composé de nombreuses scènes illustrant la vie du Christ sur terre telles que les rapporte le Nouveau Testament. Cependant, ce sujet bien connu a été présenté d’une manière nouvelle, avec des accents particuliers et des explications plus détaillées sur certains événements.
Surtout, le propos a été divisé de manière convaincante en cinq thèmes, déclinés par fenêtres.
Tout d’abord, la première fenêtre, à l’est, raconte la descente du Christ sur terre à travers sa double naissance miraculeuse : le Christ est né miraculeusement d’une vierge, Marie, qui était elle-même née miraculeusement d’une femme âgée, Anne. Conformément au contenu, le récit se déroule ici de haut en bas, car le Christ est descendu sur terre en tant que fils de l’homme. La deuxième fenêtre raconte l’œuvre du Christ dans sa vie publique et ses actions exemplaires, la troisième rapporte l’histoire de ses souffrances et de sa passion, culminant avec son sacrifice sur le mont Golgotha figuré dans la partie supérieure. La quatrième fenêtre relate sa descente aux enfers et sa résurrection jusqu’à son ascension, cependant que la cinquième traite de son retour promis pour le jour du Jugement dernier.
Le conférencier a montré que, selon lui, derrière ces vitraux monumentaux se cache une conception grandiose qui ne recule pas devant des moyens rhétoriques telles les répétitions thématiques, les références et les conclusions, tout en intégrant écriture et poésie. En effet, de nombreuses scènes y sont accompagnées d’inscriptions en langue vernaculaire, c’est-à-dire en allemand. On peut facilement imaginer comment les contenus représentés étaient transmis aux spectateurs dans le passé. Documentations, réflexions et même questionnements ont été convoqués pour proposer de ces vitraux une lecture qui, reconnaissons-le, suscite parfois l’étonnement car se démarquant de la tradition.
Bref, pour le conférencier, le cycle de ces fenêtres se lit comme un livre grandiose : c’est de la littérature médiévale transformée en verre, dont le contenu commence d’ailleurs seulement à être étudié. Et qui appellera approfondissements et controverses, à n’en pas douter.
Ill. : CVMA Allemagne, Fribourg-en-Brisgau/Andrea Gössel
