L’ange à l’étoile du portail Saint-Laurent

Lundi 11 mai à 10h a été inauguré officiellement le portail Saint-Laurent, achevé après 5 ans de travaux qui l’avaient caché à la vue des Strasbourgeois amoureux de la cathédrale. Ont pris la parole pour la partie officielle Mgr Delannoy, Mme Trautmann et la directrice de la DRAC Grand Est. Tous ont souligné, non sans humour parfois, l’étroite collaboration des équipés intervenues sur ce chantier.

M. P.Y. Caillault, architecte en chef des Monuments historiques, a rassuré son monde en montrant, entre autres, que le dais, jadis nichoir et dépôt de fientes de pigeons, était désormais protégé par des câbles presque invisibles qui empêchent toute intrusion volatile. Mme Bengel, historienne à la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, a expliqué, avant le dévoilement de la statuette d’un ange à l’étoile par la maire, comment cette œuvre disparue pendant au moins deux siècles a été redécouverte grâce à une gravure, sans que sa disparition ait interloqué qui que ce fût pendant toute cette période. M. Cousquer, sculpteur à la même Fondation, a recréé cette œuvre après avoir hésité entre deux méthodes et essayé d’être au plus près de la réalité d’antan.

Le dévoilement a été le temps fort de ce moment qui a permis d’admirer la sculpture dans toute sa fraicheur et beauté. Que vient-elle faire là ? Elle est située juste au-dessus de la tête couronnée de la Vierge à l’Enfant à qui viennent rendre hommage les trois Rois Mages. Ailes déployées, pieds écartés en une grande enjambée, – alors : marche-t-il, vole-t-il ? – il tient à la main une étoile à six branches comme pour éclairer la voie à suivre, étoile qui arrêtera son parcours au-dessus de Bethléem Ses cheveux abondants aux boucles volumineuses et presque tubulaires lui donnent relief et vie. Le visage doux et lisse est enfantin, le sourire à peine perceptible. Il faut noter les plis du vêtement aux angles vifs et complexes qui ne tombent pas de manière fluide et s’achèvent en un galon de belle venue. Il n’a rien d’une créature céleste éthérée, ne serait-ce qu’en raison de ses joues pleines et de son cou un peu fort marqué par un pli.

Rassurez-vous : nous en saurons plus dans notre prochain Bulletin où paraîtra un article à quatre mains pour commenter les parties historique et technique de ce petit joyau.

Francis Klakocer

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