La crypte romane de la cathédrale

Il est 16h30 pile à l’horloge astronomique de la Cathédrale ce 24 février lorsque démarre la visite de la crypte romane dans les sous-sols de la cathédrale, sous la conduite de Sabine Bengel. C’est Francis Klakocer, président de la Société des Amis de la Cathédrale, qui introduit la visite en rappelant l’engagement constant de cette association strasbourgeoise qui, forte de ses 750 membres, organise de nombreuses visites guidées et dont la cotisation est parmi les plus concurrentielles à Strasbourg ! Voilà l’occasion d’inviter les présents à faire la promotion de la Société à l’aide d’un comparatif révélateur avec l’association homologue de Cologne et ses… 18 000 membres !

Sabine Bengel, historienne de l’art originaire de Kehl et travaillant pour la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg, habituée des lieux, prend alors sous son aile la vingtaine de germanophones complétée de quelques Alsaciens venus découvrir un lieu habituellement fermé au public. Son enthousiasme vous saisit dès les premiers mots et ne vous quitte plus pendant toute la durée de l’exposé. Elle décrit avec une précision remarquable comment l’histoire de la crypte s’inscrit dans celle de la Cathédrale, s’agissant de l’une de ses composantes les plus anciennes, puisque datant du XIe siècle, soit avant même l’édifice actuel, construit sur les reliques de son prédécesseur. 

Au cours de sa présentation, Sabine Bengel évoque notamment la partie centrale du vitrail de la crypte avec son ange, datant du XIIe siècle. Une figure aux allures byzantines par son style quelque peu hiératique et qui devait initialement se trouver dans le chœur. Elle s’attarde aux piliers sculptés comme aux pierres les plus anciennes de la crypte. C’est à ce propos qu’elle présente également la matière première qui a permis la construction de l’ensemble, le grès des Vosges, tantôt rose, tantôt bigarré, prélevé à une vingtaine de kilomètres de Strasbourg et ce sans les facilités connues des générations du XXIe siècle ! Notons ici que le 25 mars prochain paraîtra à la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame un ouvrage dévolu aux carrières où ont été prélevés ces matériaux. 

Elle souligne par ailleurs l’impressionnante quantité de documents historiques portant sur la Cathédrale et la Fondation Œuvre Notre-Dame. Mais sur l’utilisation actuelle de la crypte en elle-même, on ne sait pas grand-chose, celle-ci étant effectivement fermée au public. On note toutefois la célébration de certains mariages, de messes ou autres manifestations, occasionnellement. Alors, nous direz-vous, n’y a-t-il pas l’un ou l’autre membre du clergé qui ait fait de la crypte sa dernière demeure ? À cette question, Mme Bengel nous indique simplement la Chapelle Saint-Jean qui abrite une représentation de la tombe de Konrad von Lichtenberg. Et nous parle du caveau funéraire dans lequel sont enterrés plusieurs évêques de Strasbourg.

Pour clôturer cet article sur une visite d’une heure, a eu lieu un hommage à un admirateur de la Cathédrale qui fit ses études à Strasbourg, Johann Wolfgang von Goethe, qui de son vivant déjà ne tarissait pas d’éloges sur Erwin von Steinbach, l’un des architectes de la Cathédrale vers 1300. À l’époque de Goethe, l’art gothique n’avait plus vraiment le vent en poupe et la tendance était plutôt au style Baroque. On comprend mieux pourquoi tant de stupeur devant un édifice des plus gothiques !

David Gantou-Ingold
Ill. : Roland Moeglin

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