HEUREUX QUI COMME ULYSSE A FAIT UN BEAU VOYAGE…
Notre voyage culturel s’est déroulé du 8 au 12 juin avec un programme dense, si dense qu’on ne peut guère qu’en donner les points forts.

Dès le premier jour, nous avons pu visiter un site aussi célèbre que Paray-le-Monial, chef-d’œuvre de l’art roman du XIIe siècle, à l’architecture clunisienne évidente. Si le cloître ne présentait rien d’exceptionnel, l’église offre des particularités telles que 3 nefs composées de 3 travées que surplombent 3 arcatures puis 3 fenêtres dans le prolongement, sans compter ces 3 absidioles rayonnantes. N’oublions pas l’Hôtel de ville dont la façade à l’italienne de style renaissance est d’une richesse inouïe pour ce qui concerne sa décoration sculptée.

Apremont-sur-Allier fut une pause bienvenue par son parc classé « Jardin remarquable », avant la visite de l’abbaye de Noirlac, menée de main de maître par une guide passionnée. Et de tout nous apprendre sur les moines et les frères convers, ces derniers provenant de familles très modestes et étant voués à travailler dans des « granges » et ne fréquentaient guère les moines, les uns et les autres vivant dans des espaces séparés. Et de nous expliquer la lente mais inexorable décadence de cette abbaye qui à son apogée comptait plus de soixante moines et deux cents frères convers, mais à la veille de la Révolution française n’hébergeait plus que six moines. Tout passe dans le tamis du temps…

La visite de Bourges fut un des temps forts de ce voyage, par l’hôtel Jacques Cœur, somptueux édifice de style gothique flamboyant. En suivant le dédale de ses pièces et couloirs, nous fut révélée entre autres l’importance de la femme de cet homme célèbre dont on est estime qu’au vu de son espace privatif elle prenait part aux affaires de son époux. D’ailleurs les armoiries accolent les blasons des deux familles, fait plutôt rare pour être souligné, même s’il est vrai que Madame était d’une famille bien plus élevée et aisée que Monsieur. La cathédrale ne pouvait manquer à ce programme. Un long couloir en pente nous a menés à la crypte où restes du jubé, crucifix de belle tenue et même une grande mise au tombeau avaient de quoi impressionner. Les vitraux nous ont été commentés avec leur évolution à travers le temps et les éléments qui permettaient de reconnaître quelles corporations les avaient offerts.

Après Nevers qui a été visité de long en large dont la façade du palais ducal et, bien sûr, la cathédrale Saint-Cyr, la dernière journée, celle du retour, affichait un programme tout aussi dense. Le prieuré bénédictin de La Charité-sur-Loire ne paie pas de mine à l’extérieur, on le dirait même menaçant ruine. Mais quelle richesse à l’intérieur, quelle lumière, quels vitraux et surtout quels tympans, dont celui du transept sud où le Christ, séparé du monde humain, est entouré d’une mandorle qui représente sa transfiguration aux côtés de Moïse et d’Élie, cependant que le registre inférieur est décoré de deux scènes qui appartiennent au cycle iconographique de son enfance. Un repas bien mérité dans un restaurant réputé au cœur d’un val verdoyant le long d’une rivière nous a redonné des forces. Et il en fallait, car monter la côte raide qui mène à la basilique de Vézelay s’apparente à un chemin de croix parsemé de stations imposées par la chaleur et la difficulté. Il est vrai que la grâce de sa beauté nous fut révélée par une guide aux attraits énigmatiques…
Ajoutons-y la bonne humeur qui nous a accompagnés tout au long du voyage ponctué d’éclats de rires sonores à l’avant comme à l’arrière du bus, la présence d’un chauffeur qui aime visiblement son métier, la célébration de deux anniversaires et l’on aura une idée presque complète de ce voyage dans la France profonde.
Un grand merci à Pascaline sans qui rien n’eût été.
Francis Klakocer
Ill. : Roland Mœglin
