Le Christ du huitième jour de Saint-Jean

En entrant dans l’église Saint-Jean, le regard est d’emblée attiré au-delà de la Croix vers le vitrail central qui représente le Christ en gloire siégeant en juge avec à sa droite et à sa gauche la Vierge Marie et saint Jean-Baptiste qui intercèdent pour les hommes. Figuration rare dans l’art sacré occidental où le plus souvent le Christ en gloire est entouré soit des apôtres, soit des anges ou des quatre évangélistes. C’est une interprétation du maitre verrier Werlé sur le thème que l’iconographie orientale appelle la « déesis » ou la supplication, voulue comme un clin d’œil à l’orient chrétien par le chanoine Neth, curé de Saint-Jean qui a tant œuvré pour la reconstruction de l’église après le bombardement de 1944. Et c’est dans la continuité de cette ouverture à l’orient chrétien que nous avons voulu mettre en bas du vitrail une « déesis » sur le mur du fond du chœur.

L’icône du Christ en Gloire au-dessus du tabernacle fut écrite par Galia Bitty sur le modèle de la « petite icône du Christ en gloire » attribuée à Andreï Roublev. Le Christ est tout d’or vêtu, symbole de sa divinité et de sa gloire céleste. Il siège sur un trône qui semble transparent et léger comme les nuées du ciel. C’est en effet une figuration de la seigneurie de Jésus sur toutes choses, dans les cieux, sur la terre et sous la terre (Ph 2, 10ss). Sous les pieds est un piédestal porté par des roues avec des ailes comme dans la vision du prophète Ézéchiel (1, 15ss).

Autour de sa tête une auréole en or cruciforme portant l’inscription en grec « ό ων » (Celui qui Est) nous rappelle sa divinité. De son corps glorieux émanent des rayons de lumière qui partent dans les quatre directions. Autour de lui des chérubins et des séraphins forment la mandorle qui symbolise le resplendissement de la sa gloire (He 1, 3).

Aux quatre coins de l’icône sont les quatre figures de la vision d’Ézéchiel que la tradition chrétienne interprète comme les figures des quatre évangélistes ; l’ange représente saint Matthieu, l’aigle saint Jean, le lion saint Marc et le taureau saint Luc. Ces quatre figures sont tournées vers les quatre directions pour annoncer la Bonne Nouvelle jusqu’aux confins de la terre. En haut au centre de l’icône sont les initiales en grec « IC XC », les premières et les dernières lettres de « Jésus Christ ».

Enfin de sa main droite le Christ bénit celui qui contemple l’icône et de sa main gauche Il tient un livre ouvert où est écrit en slavon « Venez à moi vous tous qui peinez et je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28). D’où l’appellation « Le Christ du huitième jour » que nous donnons aussi à cette icône. Fenêtre qui nous ouvre l’au-delà, la contemplation du Christ en son icône de gloire nous fait entrer et nous introduit dès ici bas dans le repos du huitième jour.

Fraternités monastiques de Jérusalem

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