En entrant dans l’église Saint-Jean, le regard est comme aspiré par la Croix-icône. Bénie en la fête de la Croix Glorieuse 2004 après neuf mois de réflexion et de travail du maître iconographe Giancarlo Pellegrini et de son atelier de Bologne, elle est en bois de tilleul, haute de 3 m, large de 2,5 m et pèse environ 150 kg.

Le regard est attiré mais pas arrêté comme pour bien faire comprendre que la Croix n’est pas une fin mais un passage. Le passage de cette vie vers la Vie. Elle invite à orienter notre regard intérieur vers l’essentiel nous aidant ainsi à laisser à leur juste place les préoccupations qui nous habitent. Elle invite à lever notre regard pour croiser celui de notre Sauveur comme tant de saints et de saintes qui l’ont croisé tout au long de l’histoire du Salut (saint Pierre, sainte Marie-Madelaine, le saint Bon Larron, sainte Thérèse d’Avila, saint François, etc).
Comme pour tout Christus Triumphans, le corps du Christ est le plus droit possible avec une expression du visage à la fois sereine et grave qui invite à venir vers Lui : « Oui, mon joug est aisé et mon fardeau est léger » (Mt 11, 30). Il attire ainsi à Lui tous ceux qui entrent dans l’église, orientant le regard vers la Croix mais invitant à contempler plus loin vers le mystère de notre Salut.
Cette création, véritable œuvre catéchétique, exprime toute la profondeur du mystère de la Rédemption :
- dans la grande horizontalité de la charité, de part et d’autre des deux bras étendus du Christ, avec le lavement des pieds1 et l’institution de l’Eucharistie2.
- dans le grand axe vertical allant de la descente aux enfers à la glorification du Christ au plus haut des Cieux par l’Ascension3, la déposition de la Croix4, la mise au tombeau, la vénération des myrrhophores5, l’apparition aux apôtres et à Thomas6, les pèlerins d’Emmaüs7 et la Pentecôte8.
La communauté ecclésiale qui prie en cette église Saint-Jean est représentée aux pieds du Christ, par une frère thuriféraire et une sœur céroféraire symbolisant l’offrande de la prière liturgique et par un homme, une femme et un enfant, en vêtements blancs et tenant un cierge allumé pour signifier la consécration baptismale.
Des séraphins aux ailes de feu et 301 « marguerites » bleues de Jérusalem entourent les différentes scènes iconographiques et contribuent à la finesse de ce chef-d’œuvre.
Que cette croix fasse grandir l’esprit d’adoration dans le cœur des fidèles et conduise tous ceux qui la contempleront à désirer rencontrer Celui qu’elle représente.
Fraternités monastiques de Jérusalem
- « Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et Maître, vous aussi vous devez vous lavez les pieds les uns aux autres. » Jn 13, 14. ↩︎
- « Et tandis qu’ils mangeaient, il prit du pain, le rompit et le leur donna en disant : Prenez, ceci est mon corps. » Mc 14, 22. ↩︎
- Mc 16, 19 ; Lc 24, 50 ; Ac 1, 9. ↩︎
- Mc 15, 42 ; Mt 27, 57 ; Lc 23, 49. ↩︎
- Mt 28, 1 ; MC 16, 1 ; Lc 24, 1 ; Jn 20, 1. ↩︎
- Mc 16, 14 ; Lc 24, 36 ; Jn 20, 19. ↩︎
- Lc 24, 13 ; Mc 16, 12. ↩︎
- Lc 2, 1-13. ↩︎
